Une épouse aux torts exclusifs
de laquelle le divorce est prononcé, peut elle, malgré
tout, obtenir une prestation compensatoire ?
Oui, les dernières réformes de
la procédure de divorce ont rendu complètement autonome
l’attribution d’une prestation compensatoire à
l’époux pour lequel le divorce entraîne une
disparité dans les conditions de vie. Rien ne s’oppose
donc à ce que celui aux torts duquel le divorce est prononcé
perçoive une prestation compensatoire ; toutefois, concrètement,
il va de soi que subjectivement, les tribunaux peuvent être
amenés à tenir compte des circonstances pour apprécier
le montant de la prestation compensatoire qui peut être
dûe.
Est-ce que, en cas de garde alternée, il peut y
avoir versement d’une contribution à l’éducation
et à l’entretien des enfants par l’un des époux ?
Oui, si les conditions financières de charges et de ressources
ne sont pas comparables, le Juge aux Affaires Familiales peut
faire supporter à l’époux qui a des revenus
plus importants que l’autre une contribution, même
en cas de garde alternée.
Est-ce que le fait de seulement regarder
des images pédophiles sur Internet est punissable ?
Jusqu’à la Loi du 5 mars 2007, le seul fait de regarder
des images pédophiles n’était pas une infraction
; seul était puni le fait d’échanger de telles
images.
Depuis la Loi du 5 Mars 2007, le seul fait de regarder une image
sexuelle mettant en scène des enfants est constitutif d’une
infraction.
En matière d’infraction routière,
est ce que l’on peut accepter de payer l’amende relative
à l’infraction et remettre en cause la perte des
points lorsque le permis de conduire est un élément
fondamental du contrat de travail ?
Non, en effet, à partir du moment où l’infraction
est reconnue, il n’est plus possible de remettre en cause
la perte des points correspondante. Or, le fait de payer la contravention
est interprété comme une reconnaissance de culpabilité.
Dès lors, pour remettre en cause la perte des points,
il faut s’opposer au paiement de la contravention et contester
la réalité de l’infraction.
Lorsqu’un salarié est licencié
et que peu de temps après son employeur fait l’objet
d’une procédure de liquidation judiciaire, l’entreprise
n’existant plus, est-il malgré tout possible d’obtenir
éventuellement une indemnisation ?
Oui, il existe, en effet, un Fond de Garantie des salaires qui
est une institution étatique qui prend en charge les sommes
qui peuvent être dues par l’employeur au salarié
dans la limite d’un plafond légal qui est assez élevé.
Un salarié peut il être sanctionné,
notamment par un licenciement, pour des faits anciens ?
Non, la loi prévoit un délai de prescription de
deux mois, c'est-à-dire que le licenciement doit intervenir
dans les deux mois des faits qui l’ont suscité.
Un enfant, en jouant au ballon dans la
rue, de façon totalement imprévisible, se jette sous
les roues d’une voiture qui le blesse. Le conducteur du véhicule
peut il échapper à sa responsabilité du fait
du comportement de l’enfant ?
Oui, quant à sa responsabilité pénale ;
selon les circonstances de l’accident, on peut estimer qu’il
n’a commis aucune faute et, par conséquent, ne pas
le poursuivre devant le Tribunal Correctionnel.
Non, au niveau de sa responsabilité civile. En effet,
il résulte de la Loi Badinter de 1985 que lorsque la victime
est âgée de moins de 16 ans, elle a droit à
une indemnisation totale, quelles que soient les circonstances
de l’accident.
Lorsque le responsable d’un accident de la circulation
est insolvable et n’était pas assuré, que
peut faire la victime pour obtenir, malgré tout, une indemnisation ?
Il existe un Fond de Garantie des Victimes qui est financé
par l’ensemble des compagnies d’assurance et qui intervient
dans la procédure à ce moment là pour indemniser
la victime, à charge pour ce Fond de Garantie de se retourner
contre l’auteur, responsable de l’accident.
Dès lors, peu importe, pour la victime que l’auteur
ne soit pas assuré, elle sera malgré tout indemnisée.
Est-ce que le montant de l’indemnisation est systématiquement
proportionnel à la gravité des blessures occasionnées ?
En principe oui mais certains préjudices, notamment professionnels,
peuvent être très importants alors que la blessure
est peu grave. C’est ainsi que, par exemple, un pianiste
concertiste professionnel qui se blesserait à un pouce
en perdant la mobilité de celui-ci et qui, donc, ne pourrait
plus jouer avec la dextérité qui était antérieurement
la sienne, perdrait sa qualité de concertiste et pourrait
solliciter, alors que la blessure en soi n’est pas très
grave, un préjudice financier professionnel très
important.